Par Maxime Gasnier

FOCUS // À travers le prisme du collage, manuel ou digital, l’artiste américain Jack Samels manie l’image dans une voie plastique qui s’équilibre entre robustesse et fragilité. Ce qu’il définit comme ses « puzzles optiques » s’apparente à un fracas de textures et de matières, issues d’iconographies reconnaissables. Sa dernière série, Vessels (2016), désigne un lot de natures mortes faisant circuler une pensée déconstruite, expérimentale.

« J’envisage mes compositions à la manière de puzzles optiques qui, à première vue, sont purement abstraits mais qui se révèlent être fortement poétiques et aux contours prédéfinis. Une certaine forme de vibration ludique, entre limpidité et confusion. Je m’inspire du milieu naturel et de l’artisanat ; le bois et l’argile, le cuir et la corne, la rouille et le goudron. De la même manière, je m’intéresse aux infrastructures, aux outils et aux instruments techniques. Façonner à la main m’aide à structurer une démarche qui me contraint à des couleurs et des textures issues d’images déjà existantes, que je travestis ou renforce complètement, à partir d’objets que je collecte ou de reliefs que je photographie. Lorsque je réalise un collage digital, je me sens davantage dans une voie expérimentale à cause des opportunités infinies offertes par les pixels. Mais la source de mon travail reste la photographie, que j’accompagne d’artefacts numériques répétés remplissant l’espace dans une logique de fissures et de crevasses. », Jack Samels. //


Jack Samels
www.jsamels.com


Jack Samels, Vessels series, 2016 / Courtesy of the artist