“Mon palais, choir” : Sans titre inaugure son nouvel espace

La galerie Sans titre marque l’ouverture de son nouvel espace dans le Marais avec une exposition collective inaugurale “Mon palais, choir”, visible jusqu’au 15 octobre. De quoi célébrer l’évolution d’un projet aux origines nomades et montrer le travail des artistes représentés.  

Solennellement encadrées par l’emblématique vitrine rouge arquée qui définit le nouvel espace de Sans titre, les pièces sculpturales fluides et légères de Jessy Razafimandimby (né en 1995, Tananarive) s’imposent dans cette exposition festive. Constituées de rideaux de dimensions variables, délicatement noués et suspendus au plafond, ces deux sculptures textiles sont représentatives de l’ensemble de l’œuvre de l’artiste malgache, qui incorpore souvent des objets trouvés dans ses pièces et confond les frontières entre les pratiques artistiques.

Une fois entrés dans l’espace d’exposition lui-même, nous percevons dont l’ensemble des œuvres – tout en variant en termes d’identité, de matériaux et de dimensions – se conjuguent les unes aux autres, contribuant ainsi au thème général de la convivialité, la fête et la commémoration. Parfois de manière tout à fait littérale, comme la toile aux teintes rouges A twist in my sobriety (2018) de Tanja Nis-Hansen (née en 1988, Faxe) qui représente deux personnages trinquant avec un verre de vin sur des journaux en feu, ou celle de Yan Xinyue (née en 1992, Heilongjiang) Give me one more glass #3 (2022), certaines pièces exhalent ouvertement l’ivresse et l’excès.

Chaque artiste a sa façon de nous captiver. Les sculptures en résine de Robert Brambora (né en 1984, Halle) le font par leur texture brillante et leur aspect surréaliste, tandis que Jacent (duo composé par Jade Fourès-Varnier et Vincent de Hoÿm), via son installation Vanitas (2022), invoque la fable du Renard et du Corbeau avec une singulière revisite des figures animales.

“Mon palais, choir” dégage cet esprit de fête non seulement à travers les œuvres exposées mais aussi à partir de l’essence même du bâtiment qui les abrite. Bien que remodelé à l’intérieur, le nouvel espace de Sans titre était un débit de boissons datant de la Restauration (1814–1830) qu’on reconnaît à sa façade conservée (et classée aux Monuments historiques) emblématique. Une vitrine rouge vin, des pilastres de bois ornés dans lesquels on reconnaît des feuilles d’acanthes, des raisins et des têtes de Bacchus : l’heure est à la fête. 


Exposition “Mon palais, choir”
Jusqu’au 15 octobre 2022 at Sans titre
13, rue Michel le Comte 75003 Paris
sanstitre.gallery.com


Jessy Razafimandimby, L’écarlate emplissait ses narines, 2022, courtesy of galerie Sans titre

Vue de l’exposition “Mon palais, choir”, courtesy of Galerie Sans titre

Jacent, Vanitas (detail), 2022, courtesy of Galerie Sans titre

Jacent, Vanitas (detail), 2022, courtesy of Galerie Sans titre

Robert Brambora, Simultaneousness, 2022, courtesy of Galerie Sans titre

Vue de l’exposition “Mon palais, choir”, courtesy of Galerie Sans titre

Zuzanna Czebatul, Gentle Reminder (of the Banality of Power), 2021, courtesy of Galerie Sans titre

Paula Kamps, Spy, 2022, courtesy of Galerie Sans titre

“Mon palais, choir” : Sans titre inaugure son nouvel espace