Rouvert en avril dernier, le Quadrilatère de Beauvais prolonge sa saison inaugurale en célébrant l’architecture moderniste d’André Hermant, mise en résonance avec le regard contemporain de l’artiste Cécile Bart.
Synthétisant la rencontre de l’art et de l’architecture, « Écrire l’espace » titre cette première saison d’expositions qui habite le bâtiment rénové du Quadrilatère, centre culturel implanté au cœur de Beauvais depuis 2016. En s’orientant vers un croisement de l’histoire du lieu et une mise en perspective contemporaine, la programmation met à l’honneur deux noms dont l’œuvre singulière éclaire l’identité de cet écrin moderniste.
« André Hermant, architecte iconographe »
Ancré dans l’héritage manufacturier de la région — qui lui a notamment valu d’être dédié aux arts textiles en devenant Galerie nationale de la tapisserie dans les années 1970 avant de devenir propriété de la ville de Beauvais en 2013 —, l’édifice s’inscrit dans une histoire architecturale unique. Dès 1969, le projet du lieu d’exposition initié par André Malraux est confié à André Hermant (1908-1978), architecte inspiré par l’œuvre de son homologue Auguste Perret, théoricien et spécialiste du béton armé, et celle de Le Corbusier, urbaniste visionnaire et défenseur de la standardisation de la construction. Le Quadrilatère lui rend ainsi hommage avec cette exposition imaginée « comme un atlas d’images déployées dans l’espace », qui met l’accent sur l’iconographie de référence — coquillages, écorces, pierres… — qui a imprégné l’univers de ce grand collectionneur d’images. Un répertoire illustré qui révèle l’amour de la recherche, de l’éducation et de l’édition pour Hermant, aboutissant avec la présentation de ses deux ouvrages théoriques, Formes utiles (1959) et Croissance et topologie (1971), par les commissaires Anne Fremy et Lucy Hofbauer, qui n’hésitent pas à éclairer cette double passion pour la nature et l’architecture.
« Cécile Bart. Peu importent les ressemblances »
Exposition personnelle de l’artiste française Cécile Bart (née en 1958), « Peu importent les ressemblances » semble transposer ces mêmes inspirations à une échelle tridimensionnelle. Ponctuant verticalement l’espace du Quadrilatère de grandes lignes hétéroclites et colorées, orientées sur des trajectoires courbes qui rappellent la dimension organique de l’œuvre d’Hermant, son installation « joue avec le lieu, ses lumières et ses transparences, dans un parcours conçu comme un dispositif de vision à part entière ». Invitant à l’expérience visuelle et immersive, cette exposition accueille dans les galeries hautes et basses du centre d’art ce que Bart nomme « ses traversées » : ainsi écrit-elle une nouvelle topologie de l’espace, en dialoguant à la fois frontalement et subtilement avec l’histoire du bâtiment. Nourrie des expériences minimalistes et de l’abstraction moderne, la Française qui développe depuis 1980 un langage plastique sans précédent matérialise aujourd’hui au Quadrilatère sa sensibilité optique, chromatique et géométrique, qui participe à la singularité de cette exposition. •
Expositions présentées jusqu’au 8 mars 2026
Le Quadrilatère
22, rue Saint-Pierre – 60 000 Beauvais
lequadrilatere.fr

Le Quadrilatère de Beauvais. Photo : Alain Delorme.

Le Quadrilatère de Beauvais. Photo : Frédéric Iovino.

Vue de l’exposition « André Hermant, architecte iconographe », Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.

André Hermant, Formes Utiles, 1959. Courtesy du Quadrilatère de Beauvais. © André Hermant.

Vue de l’exposition « André Hermant, architecte iconographe », Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.

Vue de l’exposition « Peu importent les ressemblances » de Cécile Bart, Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.

Vue de l’exposition « Peu importent les ressemblances » de Cécile Bart, Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.

Vue de l’exposition « Peu importent les ressemblances » de Cécile Bart, Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.

Vue de l’exposition « Peu importent les ressemblances » de Cécile Bart, Le Quadrilatère, 2025-2026. Photo : Frédéric Iovino.


