Par Maxime Gasnier

INTERVIEW // L’artiste chinois Tianzhuo Chen intervient au Palais de Tokyo pendant l’été, à l’occasion de sa première exposition personnelle en France. Celle-ci introduit un univers polychrome, où se brassent cultures spirituelles et inspirations populaires. 

  • Comment s’inscrit la notion de « subculture » dans ton travail ?

Tianzhuo Chen : Dans chacune de mes œuvres, je m’intéresse à mélanger différents éléments et symboles qui prennent appui sur mes connaissances et mes propres expériences. Ce n’est pas seulement la notion de « subculture » qui m’importe, mais également la religion (le bouddhisme, l’hindouisme, le christianisme, le chamanisme, etc.), la culture populaire (des cartoons au hip hop en passant par la musique électro), ainsi que la danse. Ces thèmes se juxtaposent pour créer mon atmosphère.

  • Avec une évidente allusion aux drogues, à la mode underground et aux coutumes alternatives, que souhaites-tu manifester ? Un monde psychédélique ? 

Tianzhuo Chen : La réaction du public est ce qui m’importe avant tout. Essayer de transcender les états superficiels du corps et de l’esprit pour atteindre un « état de démence » me semble être la meilleure façon de présenter ce qui m’anime.

  • Au Palais de Tokyo, tu réalises une performance avec les artistes Beio, Grebnellaw et le collectif parisien House of Drama. Comment intègres-tu les danses culturelles dans ton travail ? 

Tianzhuo Chen : Les dances comme le butō japonais et le voguing sont des éléments couramment utilisés. Je collabore avec des danseurs vraiment talentueux au Palais de Tokyo. Nous partageons différentes expériences et, selon moi, la plupart des idées sont liées à l’art contemporain ; la meilleure façon dont elles se manifestent est à travers la danse. 

  • Entre provocation et apaisement, comment positionnes-tu ton œuvre ?

Tianzhuo Chen : Au lieu d’apporter une définition concrète, je dirais que c’est justement cette complexité qui m’intéresse le plus.

  • Tes vidéos — parmi lesquelles 19:53 — attestent d’une esthétique léchée où des humanités surréalistes évoluent dans des décors souvent acidulés, au gré de situations invraisemblables. Comment réagis-tu face à la comparaison avec Matthew Barney, notamment avec Cremaster ?

Tianzhuo Chen : Personne ne m’a jamais dit cela, mais j’adorerais l’entendre. C’est très flatteur ! Malheureusement, je pense que personne ne pourra jamais égaler Matthew Barney…


Exposition Tianzhuo Chen // Du 24 juin au 13 septembre 2015 at Palais de Tokyo
13 avenue du Président Wilson 75016 Paris
www.palaisdetokyo.com