Par Maxime Gasnier

EXPOSITION // Stéphane Guénier manifeste un langage graphique qui se rapporte à une géographie bicéphale, distribuée entre espace et couleur. Une série de toiles variées, polymorphes, à retrouver à la galerie Djeziri-Bonn.

De ses toiles émane un fracas de couleurs, un assemblage de figures planes ; une partition semi-ordonnée, parfois sauvage. C’est dans la rupture que s’effectue toute la lecture de l’œuvre de Stéphane Guénier : juxtaposant les aplats colorés aux motifs davantage aléatoires, sa pratique réunit avec complémentarité le contrôle spatial et l’instinct graphique. La disposition de ses imposants quadrilatères, aux formes franches et maîtrisées, apprivoise la fluidité du trait et du coup de pinceau dans une impression de collage mixte. Sans dominer pour autant, la notion d’absence semble s’inscrire dans le fondement pictural de Stéphane Guénier ; elle circule entre les lignes, les plans et les perspectives, se joue de l’équilibre entre les blancs et les nuances, les vides et les pleins. « Des masses colorées se recomposent, s’adossent les unes aux autres, regardent ailleurs, déplacent le regard. L’artiste tire des lignes, trace des traits, cache et oblitère des éléments, élabore une succession de hors-champ, de chutes, de dehors, donnant de l’ampleur au débord coloré d’un dessin désormais absent, disparu mais prégnant dans sa force privative. », explique Sally Bonn, critique d’art. Absence figurative mais reconnaissance du geste : le spectateur se laisse emporter par cette dialectique entre l’œil et l’espace, qui pénètre ces paysages abstraits. //


Stéphane Guénier //
Exposition jusqu’au 31 octobre 2015 at galerie Djeziri-Bonn
47 rue de Turenne 75003 Paris
www.galeriedjeziribonn.com



ENGLISH VERSION

EXHIBITION // Stéphane Guenier presents a graphic language concerned with a bicephalous geography, distributed somewhere between space and colour. A series of various, polymorphous works, exhibited by the Djeziri-Bonn gallery.

An explosion of colours emanate from his canvas, an assortment of dimensional shapes in a semi-organised, sometimes wild distribution. The work is to be read with regards to its rupture: juxtaposing flat coloured surfaces with more random patterns, his practice is a pleasing marriage of spatial control and graphic instinct. The fluidity of the brushstrokes is tamed by an imposing quadratic layout, both free and constrained shapes, in a mixed print collage. The notion of absence seems to be engraved into the pictographic fundamentals, but without an air of dominance; it circulates between the lines, the planes and perspectives, plays with the balance between white and shades, the voids and the plentiful. « The mass of colours lean towards one another, displace the gaze whilst directing their own elsewhere. The artist sketches these lines, obscures and obliterates their features in a serial elaboration of what lies out of focus, the other, what falls outside, endowing a significance to an overflow of colour now absent, disappeared but still pregnant with a private force” explains Sally Bonn, art critic. A figurative absence but with gesture acknowledged: the viewer is carried away by the dialectic between vision and space that penetrates these abstract landscapes. //