Par Camille Tallent

EXPOSITION // Dès le 5 décembre 2015, les œuvres présentées au Centquatre dans le cadre de la 15e édition de la Biennale Internationale des Arts Numériques (également connue sous le nom de NÉMO) s’éveilleront. Co-dirigée par Gilles Alvarez et José-Manuel Gonçalvès, l’exposition collective Prosopopées embarque le spectateur dans un monde d’une ambivalence illusoire. Rencontre avec des objets qui semblent s’affranchir de l’autorité de l’Homme.

Le titre de l’exposition d’art contemporain numérique Prosopopées fait directement appel à la figure de style du même nom qui consiste à prêter la parole à un être inanimé. Via une trentaine d’artistes différents, Prosopopées propose une réflexion sur l’objet – autonome et animé. Un bras de force entre un radiateur et un frigidaire (Charbel-Joseph H. Boutros), le défi gravitationnel d’un canapé (Jacob Tonski), le suicide d’une perceuse (Michel de Broin) ou encore les gestuelles maladroites de Nyloïd (Cod.Act)… Tant de créations aux comportements extraterrestres qui donnent « l’impression subjective de la conscience des machines et des objets […] ».

L’auteur Philip K. Dick (un des pontes de la littérature de science-fiction contemporaine) est l’une des sources d’inspiration majeures de l’exposition. Il y insuffle l’esprit paranoïaque d’un monde simulé, gouverné par des puissances qui dépassent l’humain. Manipulation et asservissement sont au cœur de la performance Inferno de Bill Vorn & Louis-Philippe Demers dans laquelle le spectateur est sous l’emprise d’exosquelettes dont les mouvements préprogrammés le contraignent à danser.

Les réflexions de Platon autour de la réalité, des origines et de la nature du monde physique ne sont jamais loin ; la technologie numérique joue avec l’illusion et nos sens sont mis à mal. Timée, l’hypnotique chorégraphie visuelle et sonore de Guillaume Marmin & Philippe Gordiani, projette le spectateur dans un espace-temps sidéral. Les artistes de l’exposition Prosopopées sont les démiurges d’une réalité perturbée qu’ils ont élaborés en donnant la parole à des objets savamment magnifiés. //


Prosopopées : quand les objets prennent vie // Du 5 décembre 2015 au 31 janvier 2016 at 104
5 rue Curial 75019 Paris
www.104.fr