Par Maxime Gasnier

EXPOSITION // Lauréat du Prix indépendant de la 66e édition de Jeune Création, l’artiste Matthieu Raffard investit la Progress Gallery pour exposer une vision transversale autour de l’alchimie. Il désigne à travers Athanor, titre de l’exposition et nom donné aux fameux « fourneaux cosmiques », une circulation de la matière pensée comme une prophétie.

De l’artiste à l’alchimiste, Matthieu Raffard use de la matière dans une quête inspirée par celle de la pierre philosophale. Si sa production est, en majeure partie, documentée par l’ésotérisme — avec notamment les théories de Psychologie et Alchimie (1944) de Carl Gustav Jung —, le jeune Français anime une discipline orientée vers la métaphysique. Car c’est la transformation qui l’intéresse avant tout ; non pas au sens du résultat matériel — ici, invisible —, mais davantage à propos des processus de mutation, fortement explicités par la présence de ces fours, de ces ventres fertiles.

Tous reliés entre eux, les athanors forment une installation mise sur piédestal — la présence des socles et des structures en métal lui confère fluidité et légèreté. Riche en symboles, cette mise en espace maîtrise le mouvement de l’eau : vortex, cascade ou encore courant fluvial offrent autant de références au déplacement de la matrice naturelle vers l’artifice. L’installation se complète de sculptures brutes reprenant des emblèmes ancestraux (disques, cierges, lances…) caractérisant ainsi la dimension cyclique et sacrée de l’évolution.

Autour de la pièce centrale, Matthieu Raffard propose d’autres médiums qui enrichissent l’idée de recherche et d’étude alchimique. « Le dessin, la photographie et l’installation constituent Athanor. Il s’agit de trois temporalités d’exécution, de production différentes mises au service de cette prophétie », déclare l’artiste. Et la cohérence plastique s’affirme en effet comme liant chromatique entre chacune de ces pièces, notamment grâce aux techniques employées. Fusain sur papier, tirages au charbon et matériaux durs (verre, plâtre, chamotte) explorent un langage mécanique et crypté, transformant la galerie en laboratoire. //


Exposition Athanor par Matthieu Raffard
Jusqu’au 4 février 2017 at Progress Gallery
4 bis passage de la Fonderie 75011 Paris
www.progressgallery.com


Vue de l’exposition Athanor by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Vue de l’exposition Athanor by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Vue de l’exposition Athanor (détail) by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Vue de l’exposition Athanor (détail) by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Vue de l'exposition Athanor (détail) by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Vue de l’exposition Athanor (détail) by Matthieu Raffard, courtesy of Progress Gallery
Matthieu Raffard, Melanosis, 2016, dessin, courtesy of Progress Gallery
Matthieu Raffard, Melanosis, 2016, courtesy of Progress Gallery
Matthieu Raffard, Sans titre, 2016, dessin, courtesy of Progress Gallery
Matthieu Raffard, Sans titre, 2016, dessin, courtesy of Progress Gallery