Photos & Texte © Galerie David Zwirner

David Zwirner présente de nouvelles œuvres de l’artiste américain Jordan Wolfson dans les espaces de sa galerie parisienne. L’exposition se compose d’une installation d’affichages holographiques HYPER VSN 3D projetant une série d’images élaborées par l’artiste, ainsi que d’une nouvelle série de panneaux muraux en laiton présentant des photographies de l’enfance de Wolfson. Il s’agit de la quatrième exposition personnelle de l’artiste chez David Zwirner. Une installation de ces œuvres est simultanément présentée à la galerie Sadie Coles à Londres depuis le 30 janvier. 

Depuis ses débuts, Wolfson  observe  l’interaction  entre  art,  technologie,  et  médias  de  masse, explorant la façon  dont l’image et l’information sont vécues et diffusées aujourd’hui. Utilisant des technologies de pointe telles que de l’animation CGI, des logiciels de reconnaissance faciale, des casques  de  réalité virtuelle, et des animatroniques  avancés, Wolfson remet en cause la relation de l’individu aux médias, aux systèmes d’information, et à la technologie dans la société contemporaine. Dans ARTISTS FRIENDS RACISTS, ​Wolfson continue à explorer la culture et la vie contemporaine américaines à travers une installation du même nom, utilisant une nouvelle technologie d’affichage holographique composée de ventilateurs tournants dont les lames intègrent des micro LED. Les LED sont programmés pour s’éclairer de manière précise tout en tournant, donnant l’illusion d’une image holographique flottant dans l’espace. Ces dispositifs uniques sont principalement à usage commercial : conçus pour séduire le consommateur et lui présenter des marques et des produits par le biais d’un langage visuel dynamique et novateur. L’installation ici présentée se compose de ventilateurs projetant des personnages animés, des symboles et des mots, comme un cœur dessiné, un chiot, ou un chat emprisonné.

La présentation est structurée thématiquement par une série de mots animés, tels que «Artists», «Friends», «Racists», qui tombent de façon intermittente. Les animations de Wolfson superposent parfois des photos et des clips vidéo qui peuvent paraître relativement anodins — comme des cookies — tandis que d’autres représentent des sujets plus pesants, tels que des voitures de police, ou des pompiers intervenant à la suite des attentats du 11 septembre. Vue dans l’espace de la galerie, la séquence se déroule comme une danse chorégraphiée ou une composition musicale, avec des images par moments synchronisées — plusieurs ventilateurs projetant la même chose — et à d’autres, syncopées et incongrues. Les visuels et les animations semblent immatériels et flottants, comme superposés sur le monde matériel et physique. À la fois énigmatique, comique, et inquiétante, cette œuvre montre comment les symboles, les personnages, et même le langage ont réussi à mener une vie propre au sein de l’économie avancée de l’image contemporaine, existant comme des spectres qui dépassent les limitations des médias et des systèmes par lesquels ils sont véhiculés.

La galerie présente également une série de nouveaux panneaux muraux en laiton avec des impressions numériques sur substrats UV de photos d’enfance de Wolfson. Ces nouveaux panneaux font partie de sa série  d’objets  sculpturaux accrochés au mur, et sont les œuvres les plus personnelles de Wolfson à ce jour. Contrairement à la technologie numérique avancée des ventilateurs, les panneaux en laiton rappellent la métallurgie ancienne, la sculpture classique, et les surfaces lumineuses et dorées des églises et des retables du Moyen Âge. Isolés sur la surface du laiton, les instantanés de l’enfance dégagent une aura surréaliste, tout en étant intimement liés au propre passé de l’artiste et à l’expérience universelle de la nostalgie modérée par le biais de l’image photographique. //


Exposition ARTISTS FRIENDS RACISTS by Jordan Wolfson
at galerie David Zwirner
108 rue Vieille du Temple 75003 Paris
www.davidzwirner.com


Vue de l’exposition de Jordan Wolfson, ARTISTS FRIENDS RACISTS, 2020 at David Zwirner, Paris © David Zwirner