Le Bruxellois Helmut Stallaerts (né en 1982), diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, expose chez Parliament un ensemble d’œuvres sur toile, résine, os d’animaux et crânes humains. Parmi les pièces présentées : le premier et le dernier autoportrait de sa carrière qui le figure selon la dualité qui le caractérise, entre ombre et lumière.
Lorsque l’on entre dans l’exposition, la première chose que l’on aperçoit est un crâne. Un crâne cédé par un médecin collectionneur sur lequel ont été figurées, en deux parties distinctes, des femmes gravissant les marches d’un escalier. Une face est pourvue d’un fond clair, couleur ivoire ; l’autre, comme en négatif, plongée dans la nuit. Les silhouettes fuient la fin inévitablement tragique de leur existence, la mort. Quand on se décale vers la gauche, on découvre dans un miroir que l’intérieur du crâne prolonge la narration. Ici, deux semeurs se trouvent devant l’entrée d’un temple. Un arbre mort et une jeune pousse laissent deviner l’espoir d’une renaissance prochaine. C’est une réflexion sur la mortalité de chaque chose et de chaque être. « J’ai choisi de peindre sur un crâne car il est le symbole ultime de l’impermanence. Mon objectif n’est pas seulement de montrer la mort, je souhaite réactiver l’objet. En peignant dessus, je tente de donner à la surface une impulsion, une nouvelle narration », explique Helmut Stallaerts qui ajoute souhaiter « capturer quelque chose qui s’est déjà estompé » en redonnant vie à des restes humains.
Ailleurs, l’artiste a réalisé un portrait féminin sur des plaques d’os extraites d’une omoplate d’une vache. Cela donne un support tout en volume qui ondoie. Au centre, une femme est assise, auréolée de spirales galactiques, son œil droit est fermé, comme atteint de cécité. C’est une Dakini, une divinité de la culture bouddhiste du Tibet. Cette mysticité imprègne toute l’exposition, renforcée par une sculpture composée de vitraux d’église. Une œuvre qui « résiste à une seule explication logique » représentant une sorte d’archétype, Marie, vêtue d’un jean. Elle est suspendue au-dessus du vide, flottant comme un corps que l’on a pendu. C’est un questionnement sur la présence et la disparition. Plus loin : une huile sur toile de grand format dans une composition classique. Une scène d’intimité. Le corps d’une femme est étendu, nu sur le bord d’un lit, son visage fixe le spectateur, ses bras couvrent le haut de son buste. À droite, un homme a les yeux rivés sur son téléphone. C’est la recomposition d’un souvenir ou d’une scène vécue en rêve. Au-delà de la fenêtre de cet appartement gris se déploie, vaste, une ville parfaite, une cité idéale structurée par des gratte-ciels avec, au loin, de la verdure et un ciel presque bleu.
L’exposition approche les contours de l’existence, ses fragilités et son mystère, déployant un univers où la matière devient le lieu d’une méditation sur la condition humaine. Entre sacré et profane, mémoire et vision, Helmut Stallaerts réactive des fragments de vie pour interroger ce qui demeure lorsque tout semble voué à disparaître. •
Exposition « Helmut Stallaerts. Sent Through Assumed Bodies »
Jusqu’au 26 février 2026 chez Parliament
5, rue des Haudriettes – 75003 Paris
parliamentgallery.com

Helmut Stallaerts, Lin, 2025, huile sur crâne, miroir, résine, 28 × 31 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Helmut Stallaerts, Lin, 2025, huile sur crâne, miroir, résine, 28 × 31 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Vue de l’exposition « Sent Through Assumed Bodies » d’Helmut Stallaerts, Parliament Gallery, Paris, 2026. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Helmut Stallaerts, Mary’s Dissolving, 2025, matériaux divers, verre, résine, cire, miroir, 191 × 41,5 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Helmut Stallaerts, Mary’s Dissolving (détail), 2025, matériaux divers, verre, résine, cire, miroir, 191 × 41,5 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Helmut Stallaerts, The Deviation, 2025, huile et cire d’abeille, résine sur jute, 60 × 89 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Vue de l’exposition « Sent Through Assumed Bodies » d’Helmut Stallaerts, Parliament Gallery, Paris, 2026. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.

Helmut Stallaerts, Among us, 2025, huile et cire d’abeille, résine sur toile, 165 × 190 cm. Courtesy de l’artiste et de Parliament Gallery.


