Entre imagerie pop et abstraction, teinte documentaire et pointe d’ironie, la photographie investit Paris et ses alentours. Sélection de cinq expositions à ne pas manquer.
Dana Lixenberg à la MEP
À l’heure où l’Amérique est scrutée par les médias et illustrée par des images navigant à travers le monde entier, la Maison Européenne de la Photographie accorde à Dana Lixenberg (née en 1964, Amsterdam) une rétrospective qui réunit plus de trente ans de pratique photographique. Celle qui s’installa à New York à la fin des années 1980 interroge, avec une esthétique douce, les grands mythes du rêve américain : entre personnalités publiques et figures marginalisées, ses portraits composent une forme de contre-récit tout en honorant la pleine humanité de chaque modèle. Exposition « Dana Lixenberg. American Images », jusqu’au 24 mai 2026, à la MEP — 5-7, rue de Fourcy 75004 Paris — mep-fr.org.

Dana Lixenberg, Ivana Trump, 1998 © Dana Lixenberg. Courtesy de l’artiste et de Grimm Amsterdam / Londres / New York.

Dana Lixenberg, Tupac Shakur, 1993 © Dana Lixenberg. Courtesy de l’artiste et de Grimm Amsterdam / Londres / New York.
Barkley L. Hendricks chez Marian Goodman
Première exposition personnelle de Barkley L. Hendricks (1945–2017) en Europe, « All is Portraiture » souligne la place primordiale du portrait dans sa carrière. Aux côtés de peintures et d’œuvres sur papier réunies dans la galerie, les photographies de l’Américain, qui fut disciple de Walker Evans dans les années 1970, rendent compte d’une observation à la fois humaniste et documentaire du monde qui l’entoure. De la photo de rue aux natures mortes, une évidente dimension picturale imprègne ici ses images, qui se refusent à la catégorisation de genre. Exposition « Barkley L. Hendricks. All is Portraiture », jusqu’au 4 avril 2026, à la Galerie Marian Goodman — 79, rue du Temple 75003 Paris — mariangoodman.com.

Barkley L. Hendricks, Untitled (Southfield, Jamaica), 1997, impression jet d’encre, 41,9 × 62,2 × 3,8 cm (avec cadre). Courtesy de Marian Goodman Gallery.
Martin Parr au Jeu de Paume
Disparu en décembre dernier, Martin Parr (1952-2025) offre à nos yeux une lecture déséquilibrée de notre société. Depuis la fin des années 1970, le photographe britannique multiplie les séries photographiques mettant l’accent sur des thèmes collectifs, reflets d’un monde aussi troublé qu’en mutation : tourisme de masse, dépendances industrielles et technologiques, tendances consuméristes… Avec malice, « Global Warning » se fait l’inventaire des dérives de nos modes de vie tout en rappelant leur contribution à l’ère de l’Anthropocène. Exposition « Martin Parr. Global Warning », jusqu’au 24 mai 2026, au Jeu de Paume — 1, place de la Concorde 75001 Paris — jeudepaume.org.

Martin Parr, Zurich, Suisse, 1997 © Martin Parr / Magnum Photos.

Martin Parr, Kleine Scheidegg, Suisse, 1994 © Martin Parr / Magnum Photos.
Antoine Bertron aux Passerelles
Nourrie d’échanges et de transmission, la pratique d’Antoine Bertron (né en 1998) s’inscrit dans une volonté performative de favoriser le lien social. Ainsi son premier solo show que lui consacre le Centre photographique d’Île-de-France dans la région à l’espace des Passerelles s’intéresse à la réapparition des terrains d’aventure en France après leur disparition dans les années 1990. Dans une voie documentaire, le jeune photographe saisit les notions de jeu et de loisir affiliées à celle de réemploi. Forgée de matériaux recyclés comme des palettes de bois utilisés comme cadres et cimaises, l’exposition devient elle-même un prolongement de ces aires de partage. Exposition « Antoine Bertron. Terrains en partage », jusqu’au 18 avril 2026, aux Passerelles / Scène de Paris — Vallée de la Marne — 17, rue Saint-Clair 77340 Pontault-Combault — cpif.net.

Antoine Bertron, Portrait de Mathis, terrain d’aventure de Trélazé, août 2025 © Antoine Bertron.
Hugo Mapelli chez Saint Laurent
Le photographe de mode et cinéaste Hugo Mapelli explore les processus photographiques et leur matérialité. Traduisant l’invisible par l’image, il noie portraits, architectures et paysages dans des effets de lumière et des compositions minimalistes qui soulignent la fugacité et l’intimité de l’instant. Saint Laurent et Anthony Vaccarello l’invitent à exposer ses clichés qui privilégient le hasard et les procédés expérimentaux tels que les cyanotypes, les photogrammes, les calotypes et les luminogrammes. Si Mapelli tend à honorer l’imperfection, la mémoire matérielle, il parvient à établir ici un dialogue entre artisanat ancien et imaginaire contemporain. Exposition « Hugo Mapelli », jusqu’au 22 mars 2026, à Saint Laurent Babylone — 9, rue de Grenelle 75007 Paris — ysl.com.

© Hugo Mapelli.


