Inspiré du film de Ridley Scott, Louis Gabriel Nouchi signe une collection automne-hiver imprégnée des tensions entre peur et désir, anxiété et sensualité, violence et érotisme. Autant de thèmes incarnés par les silhouettes xénomorphes qui ont défilé dans un décor sci-fi.
Du film Alien (1979), Louis Gabriel Nouchi en extrait l’atmosphère pesante et menaçante pour la transposer dans son défilé automne-hiver 2026. Ici, les modèles, dont la plupart ont le visage piégé dans une nasse de tentacules nattés — par Charlie Le Mindu —, s’assimilent à des corps qui se seraient réveillés après des années de sommeil profond. Fumée dans le décor, lumière ténébreuse : le créateur français résume sa présentation comme « un décor clos imprégné d’acide » traversé par « un équipage perdu dans l’espace ». Il ajoute : « Dans l’espace, personne ne peut vous entendre crier. […] Enfant, je n’avais pas le droit de regarder Alien. Je ne pouvais que l’entendre. La musique. Les cris. Les sons qui flottaient depuis le haut de l’escalier. C’est là que la terreur est née : sonore, invisible, obsessionnelle. J’en ai fait des cauchemars pendant des années. À l’adolescence, lorsque j’ai enfin découvert la saga, d’abord le film de Jean-Pierre Jeunet, le choc a été esthétique. L’univers de Giger. Les costumes de Jean Paul Gaultier. Un thriller d’horreur, mêlé à une sensualité étrangement troublante. Alien est une saga sans fin, avec des héroïnes qui traversent le temps, clonées, traquées, désirables, autonomes, toujours en résistance contre le système. Je me suis toujours identifié à elles — c’est le fantasme d’un adolescent geek. »
Portée par cette armée de visages masqués ou dévorés par leurs cheveux, la collection est élaborée avec des matières qui détournent les archétypes de la garde-robe masculine : flanelle grise mélangée à du latex, cotons techniques trompe-l’œil, jerseys portés façon denim, lainages mastic et écru, surfaces visqueuses et brillantes évoquant la peau, le cuir, le vivant. Le tout imprégné d’une palette faussement neutre où les tons sourds, presque organiques, oscillent entre gris chauds et beiges froids. Si la signature de Louis Gabriel Nouchi persiste bel et bien dans ce nouveau vestiaire — crop tops, cols perforés, sous-vêtements micro, épaules puissantes — , une collaboration avec OnlyFans s’invite sur le podium. Cette collection « évoque également la peur du sexe — sa nature interdite, dangereuse, mystérieuse —, la peur de l’accouchement, le mystère du plaisir. Le fait que ces thèmes aient donné naissance à un film d’horreur en dit long sur leur ambivalence. Le partenariat avec OnlyFans et le lancement de LGN OF s’inscrivent naturellement dans cette collection. Ils poursuivent l’exploration de territoires chers à la marque : la sensualité, le fétichisme, le fantasme, l’érotisme de tous les corps. Privé ne signifie pas pornographique. Privé signifie confiance. Intimité. Un cercle inclusif pour des sujets exclusifs. », conclut Louis Gabriel Nouchi.•
Louis Gabriel Nouchi
Collection “Alien”, automne-hiver 2026
louisgabrielnouchi.com

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.

Louis Gabriel Nouchi, collection “Alien”, automne-hiver 2026. Photo : Luca Tombolini.


