Par La rédaction

INTERVIEW // Entre artisanat et mode, le savoir-faire de Muriel Nisse alimente ses créations : des masques hybrides mêlant matériaux et structures, tissus et cheveux, qui habillent ses modèles de coiffes faisant écho à une ethnie futuriste. De véritables prolongements plastiques du visage humain. 

  • Pourquoi cette obsession du masque ?

Muriel Nisse : Ce n’est pas le corps qui m’intéresse, seulement le visage. Naturellement, il est devenu mon support direct de création. Le transformer est pour moi un acte obsessionnel et libérateur. Le masque est avant tout un catalyseur : un formidable support d’expression mobile, protéiforme et abyssal.

  • Comment liez-vous votre travail à la mode ?

Muriel Nisse : Je travaille sur la métamorphose ornementale libre, en manipulant les codes esthétiques et les formes de la figure. Cette réflexion se retrouve aussi dans la mode actuelle qui repousse de plus en plus loin les limites de ses codes et de l’identification. Cela est extrêmement grisant de voir que le masque est de plus en plus en présent dans l’iconographie contemporaine : plus ses représentations se diversifient et se complexifient, plus la création se doit d’être toujours plus qualitative et singulière. C’est réellement excitant.

  • D’un point de vue technique, comment procèdez-vous à la réalisation de vos masques ?

Muriel Nisse : Je pars d’une image mentale, et travaille plutôt à l’aveugle me servant d’une matière, d’une musique et de la couleur pour la matérialiser. Le masque doit exprimer quelque chose de fort. Mes matériaux de prédilection sont les cheveux, les perles et tout ce que je peux broder. Quant à mes inspirations, je me nourris d’éléments visuels hétéroclites. Je regarde beaucoup d’images, je m’inspire des insectes, de toutes les formes de broderies anciennes et contemporaines, des fonds marins, de la Renaissance, de l’ethnique futuriste et des personnages mythologiques…

  • Admirez-vous le travail d’un créateur ou d’un artiste en particulier ? 

Muriel Nisse : Celui de Magnhild Kennedy. J’ai découvert cette créatrice de masques londonienne l’année dernière, à la MoBA — « Fetishism in Fashion » at Fashion Biennale Arnhem — où j’ai exposé en juillet 2013. Nos deux univers sont très proches et véritablement complémentaires. //


Muriel Nisse // www.murielnisse.com