Par Maxime Gasnier

SALON // Nouveau rendez-vous photographique, le salon APPROCHE met en perspective un art contemporain émergent et hybride, qualifié sous une monstration décloisonnée. Celle-ci éclaire une ligne affinée de quatorze artistes correspondant à quatorze expériences visuelles, invitant à questionner le croisement entre médium traditionnel et image contemporaine. À découvrir en novembre à Paris.

Co-fondé par Emilia Guenardi et Sophie Rivière, curaté par Léa Chauvel-Lévy, le salon APPROCHE annonce un manifeste approuvant l’ouverture sans limite d’une pratique empirique. La photographie, qui n’a cessé de mener une évolution technique, culturelle et sémantique, s’accorde ici un positionnement de choix en résiliant son concept de cliché fixe. Certes liée à une notion photographique par une plasticité relative au médium, la sélection d’artistes explore une production malléable, qu’elle soit plane ou sculpturale. Quant à son format, « APPROCHE se tient dans un hôtel particulier parisien qui confère à l’évènement un caractère domestique où chaque univers plastique est montré dans une chambre métaphorique de l’artiste ». Une belle promesse qui renouvelle la foire d’art traditionnelle, à laquelle participent treize galeries — parmi lesquelles The Ravestijn Gallery, les galeries Escougnou-Cetraro et Binome, ou encore Un-spaced. « Nous avons veillé, sur le fond comme sur la forme, à nous détacher du format traditionnel de la foire. APPROCHE est pensé comme une exposition avec une dimension curatoriale très forte. L’absence de stand nous paraissait également fondamentale. Les artistes présentés et les galeries ont bien leur espace propre, mais nous souhaitions abolir les cloisons entre eux pour que les pratiques dialoguent.», raconte Léa Chauvel-Lévy.

«  En général, les salons marchands exposent des galeries sans lien entre elles. Ici, c’est l’opposé ; tous se sont réunis dans l’espace pour échanger autour d’une ambition commune : montrer des artistes plasticiens qui s’emparent du médium photographique. », Léa Chauvel-Lévy

Plus qu’un médium, la photographie est envisagée comme un terrain d’inspiration qui mène les plasticiens (Anouk Kruithof, Thomas Hauser, Eva Stenram, Roman Moriceau…) à développer un langage iconographique puissant. Morcelée, répétée, assemblée, détournée : l’image est guidée par des concepts personnels, multipliant les approches au gré de similitudes et de convergences. //


APPROCHE
Du 9 au 12 novembre 2017
40 rue de Richelieu 75001 Paris
www.approche.paris


Eva Stenram, Vanishing Point, 2016, tirage C-Print encadré, 73 x 100 cm, impression numérique sur soie, 1000 cm, courtesy The Ravestijn Gallery
Paul Créange, Fenêtre mobile 1, 2017, impression recto-verso sur plexiglass, 15 x 30 x 1,4 cm, courtesy of the artist
Edouard Taufen­bach, Maurice, 2017, 50 x 50 cm, pièce unique, 36 tirages Lambda d’après photo­gra­phie ancienne peints à la main, pein­ture vitrail, collage sur papier Canson, contre­col­lage sur Dibond. Enca­dre­ment noir, verre anti-reflet. Courtesy Gale­rie Binome
Julien Mignot, Juillet 2013, tirage Fresson, courtesy Galerie Intervalle
Anouk Kruithof, Concealed matter(s) #05, 2016, 120 x 16 x 43 cm, impression jet d’encre sur panneau de latex, support de caméra de vidéo surveillance, courtesy of the artist & Galerie Escougnou-Cetraro
Thomas Hauser, Module #49, 2017, 19 x 30 x 5 cm, marbre, miroir, impression laser sur papier argentique, courtesy Galerie Un-Spaced
Roman Moriceau, Botanische Garten Neu (I), 2016, 145 x 100 cm, poudre de cuivre sur papier, courtesy of the artist & Galerie Derouillon