Qui est Matilde Søes Rasmussen, jeune photographe danoise en couverture de The Steidz ?

Photographe et écrivaine, Matilde Søes Rasmussen (née en 1990, Danemark) interroge l’esthétique du modeling tout en se refusant à la quête de beauté. Elle signe la couverture du nouveau numéro annuel de The Steidz.

À la fois devant et derrière l’objectif, Matilde Søes Rasmussen fait de ses images des aires d’interrogation : elle saisit les traits de la jeunesse, explore les normes corporelles et esthétiques, tout en se glissant dans une approche dominée par le flash et la couleur. Inspirée par Larry Clark et par le phénomène du selfie, elle revient sur sa découverte du médium photographique et le développement de sa pratique : « Je n’ai pas une histoire très passionnante. J’avais un petit ami passionné de photographie, et qui m’a montré le travail de Larry Clark. Alors, j’ai acheté un appareil photo compact et j’ai essayé de prendre autant de selfies nus que possible. Quand je vivais à Paris et que je travaillais à plein temps comme mannequin, je ne faisais jamais de lien avec la photographie. Pour moi, le mannequinat était une activité à part, sans dimension artistique car, dans mon esprit, la photographie et l’art étaient liés à la poésie et au romantisme. Bien sûr, ma pratique actuelle est beaucoup plus connectée à un discours photographique, ainsi qu’à la marchandisation des corps. Je m’intéresse à la manière de traiter une personne devant l’objectif, de trouver des moyens de photographier les autres qui… nous font nous sentir bien ? Et je commence à penser que la collaboration photographique n’existe pas. Il fut un temps où j’avais prévu de ne plus photographier personne d’autre que moi-même. Dans mon dernier livre, j’aborde un concept que j’ai baptisé “la culpabilité du photographe”. Son fardeau est, selon moi, de supporter, gérer et réfléchir à la culpabilité liée à la représentation. C’est tellement dramatique ! Mais il est intéressant de se demander pourquoi cela procure un tel sentiment, qui peut même être extraordinaire. Est-ce une question de pouvoir, de lien humain ? Tout ce que je fais s’ancre dans la couleur : mes montages sont pensés en fonction d’elle, pas du contenu. Ces derniers temps, je me consacre à l’écriture. Avec ce médium, je vis des expériences artistiques plus profondes. Mais je ne sais pas ce que signifie la “beauté”. C’est un mot qu’on utilise à la fois pour désigner des objets physiques et un sentiment abstrait qui ne vit qu’en nous. L’accent mis ces dernières années sur une représentation plus diversifiée dans la mode et l’art est une tendance. J’espère que les jeunes générations grandiront en voyant des personnes qui leur ressemblent davantage ou ont une histoire similaire, et qu’elles penseront avoir aussi une histoire méritant d’être racontée »


‭Matilde Søes Rasmussen
matildesoes.com


Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2019, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2017, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2017, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2024, du livre Inspiration (2025, ed. XYZ Books), courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2019, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2017, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste © Matilde Søes Rasmussen.

Matilde Søes Rasmussen, Untitled, 2020, série « Unprofessional », courtesy de l’artiste et de Marie Flarup Kristensen.

Qui est Matilde Søes Rasmussen, jeune photographe danoise en couverture de The Steidz ?