Alors qu’Art Basel fait la part belle aux galeries établies, Liste revient quant à elle avec sa plus grande édition : 105 exposants de 36 pays se partagent l’espace de la foire. Un vivier de jeunes artistes — pour la plupart nés dans les années 1990 et 2000 — parmi lesquels The Steidz a sélectionné douze noms à connaître absolument.
Valentina Artone chez Acappella (Naples)
La peinture de Valentina Artone (née en 1999) ne se définit pas dans une réalité fixe : l’artiste italienne établit un univers imaginaire inspiré de la littérature ancienne — latine, notamment — où les figures se fondent. Ses visions surréalistes naissent du dialogue entre sa sensibilité et un ensemble de données générées par langage numérique.

Valentina Artone, (No name), 2025. Courtesy de l’artiste et d’Acappella.
Calla McInnes chez Chris Andrews (Montréal)
Intéressée par les variables de la perception, Calla McInnes (née en 1998) dilue ses portraits pour en faire des images troubles et fragmentées, où le cadrage pointe une partie du corps en particulier. Entre champ de vision périphérique et représentation incisive, ses peintures confondent volontairement premier et second plans pour laisser place à une fluidité niant tout système de perspective.

Calla McInnes, Reclining Figure III, 2025. Courtesy de l’artiste et de Chris Andrews (Montréal).
Aurora Arazzi chez sangheeut (Séoul)
Artiste pluridisciplinaire, Aurora Arazzi (née en 1997) révèle ici un nouveau corpus de ses assemblages constitués d’objets glanés au fil de ses parcours puis répartis sur des structures en papier faisant office de murs, d’écrans, de refuges. À travers ces images provisoires, l’artiste indonésienne formule une exploration lente façonnée par une attention fluctuante à la matérialité.

Aurora Arazzi, A Vertical Roof, 2026, Photo by Maruto Ardi, Courtesy of the Artist and sangheeut
Maryam Jafri chez Matteo Cantarella (Copenhague)
Établie à Copenhague, Maryam Jafri (née en 1972) œuvre depuis plus de vingt ans à remettre en question les représentations culturelles et visuelles de l’histoire et de l’économie politique. En usant des éléments empruntés aux médias et aux systèmes d’informations, ses photographies et ses installations se veulent avoir un impact sur notre expérience quotidienne.

Maryam Jafri, NUT JOB, série “Keywords: A Vocabulary of Culture and Society”, 2025. Courtesy de l’artiste et de Matteo Cantarella (Copenhague).
Marc Henry chez Anton Janizewski (Berlin)
Des sources numériques transformées en pseudo-récits qui brouillent la mémoire personnelle : les peintures de Marc Henry (né en 1996) invitent à réfléchir au pouvoir manipulateur de l’image. Instrumentalisant la vérité, tant dans un contexte historique que contemporain, l’artiste basé à Vienne souligne les ambiguïtés des dynamiques sociétales, politiques et économiques globales.

Marc Henry, Ungeordneter Übergang (Redpilled), 2025. Courtesy de l’artiste et d’Anton Janizewski. Photo : Jana Perusich.
Julia Kowalska chez Coulisse (Stockholm)
La peinture de Julia Kowalska (née en 1998) s’articule autour de portraits charnels qui couvrent un spectre plurisentimental : mélancolie, sérénité, inquiétude… L’exploration des émotions humaines et du subconscient traverse ses œuvres à la façon d’une introspection. L’approche esthétique de la Polonaise est soutenue par des motifs récurrents comme le corps féminin, souvent livré à la nudité.

Julia Kowalska, Precious /Perełka, 2025. Courtesy de l’artiste et de Coulisse (Stockholm).
Noorain Inam chez Indigo+Madder (Londres)
En multipliant les médiums et en offrant plusieurs niveaux de lecture au sein d’une même œuvre, Noorain Inam (née en 1998) examine la construction de l’identité et de l’appartenance à travers des références et des contextes culturels superposés. Motifs symboliques et narrations personnelles embrassent les thèmes de la peur et du désir ; déployant ainsi une imagerie déstabilisante, presque sans gravité.

Noorain Inam, Deep House, 2024. Courtesy de l’artiste et de Indigo+Madder (Londres).
Adrian Schachter chez Amanita (New York)
La frontière poreuse entre mythes, histoire spéculative et technologies détermine la pratique d’Adrian Schachter (né en 1996). S’inspirant de folklores méconnus et d’images générées par intelligence artificielle, l’Américain peint des scènes factices qui mettent en jeu les notions de vérité, de croyance et de représentation. De l’allégorie médiévale à la peinture européenne du début de l’époque moderne, il initie un répertoire de glitches figuratifs.

Adrian Schachter, Untitled, 2026. Courtesy de l’artiste et d’Amanita (New York).
Minseo Kang chez Cylinder (Séoul)
Tel un écho à la peinture médiévale, Minseo Kang (née en 2001) utilise la tempera dans ses peintures aux tons délavés et aux surfaces craquelées. L’artiste coréenne y insère des bribes narratives de son invention, qui se manifestent par des fragments de bouches, de mains et de corps, apparaissant dès lors comme une archéologie d’informations incomplètes qui font allusion à un tout perdu.

Minseo Kang, Athena, God of Wisdom, 2025. Courtesy de l’artiste et de Cylinder (Séoul).
Lauren Satlowski chez Bel Ami (Los Angeles)
À la manière d’un théâtre d’objets, les scènes peintes par Lauren Satloswki (née en 1984) réunissent des figurines et des bibelots bon marché dans des tableaux élégiaques. Enveloppées d’ombres énigmatiques et traversées par des faisceaux lumineux, ses œuvres récentes suggèrent une chaîne obscure de causes et d’effets évoquant l’animisme des ornements gothiques ou l’incarnation des contes fantastiques.

Lauren Satlowski, Spoon, 2026. Courtesy de l’artiste et de Bel Ami (Los Angeles).
Margaux Moonen Guillaume chez Cibrián (San Sebastian)
Également peintre, Margaux Moonen Guillaume (née en 2000) explore à travers la sculpture la relation entre l’espace domestique et l’atelier de création. À travers ses maquettes théâtrales, l’artiste franco-allemande formalise des espaces qui oscillent entre jeu, fiction et réalité mise en scène : ici, les plans architecturaux et picturaux se chevauchent, révélant des processus créatifs invisibles.

Margaux Moonen Guillaume, Dollhouse, 2025. Courtesy de l’artiste et de Cibrián (San Sebastian). Photo : Raphaël Massart.
Francesco De Bernardi chez Triangolo (Crémone)
Inspiré par le concept de la micro-novelle — une forme narrative distincte à la fois de la nouvelle et du roman court où l’intrigue et les personnages sont simplement suggérés —, Francesco De Bernardi (né en 1995) fait surgir des bribes de formes et d’objets pour agglomérer des récits incomplets. Entremêlant expériences quotidiennes et fictions, ses systèmes s’organisent sous forme de petites installations peuplées d’images planes et de volumes.

Francesco De Bernardi, Dedico questa sfera a Fleur Jaeggy, 2024. Courtesy de l’artiste et de Triangolo (Crémone). Photo : Michela Pedranti.
Liste Art Fair
Du 15 au 21 juin 2026 à Messe Basel
Hall 1.1 Maulbeerstrasse / Riehenring 113 – 4058 Bâle
liste.ch


