Après avoir lancé une collection capsule avec l’œuvre de Roland Topor (1938-1997), Lemaire ouvre une exposition dédiée à l’univers graphique de l’artiste français dans sa boutique, rue Elzévir. Une proposition fondée sur le rêve, qui orchestre la rencontre entre dessins, objets, vêtements et espace.
Figure discrète de l’histoire de l’art, Roland Topor a pourtant développé une œuvre prolifique et transdisciplinaire. Passé par les Beaux-Arts de Paris entre 1955 et 1964, il a collaboré avec de nombreuses publications françaises et internationales (de la littérature à la presse) tout en s’intéressant à la notion de décors et de costumes, pour le théâtre, le cinéma et l’opéra. Marquée d’une empreinte sensible, de visions fantastiques et d’un humour noir prononcé, son esthétique glisse dans un territoire fabulatoire, où visions fantasmées et scènes grotesques cohabitent dans ses dessins et illustrations — sans pour autant s’inscrire dans le surréalisme, puisqu’il fonde en 1962 l’anti-mouvement Panique, d’inspiration antidogmatique.
De cette proximité avec l’onirisme, Lemaire en a réinterprété des images fortes pour développer une collection capsule spécifique dévoilée début octobre. Centaures débridés, personnages en mouvement et paysages champêtres habillent un vestiaire composé de bottes, écharpes et blouses qui révèlent l’expressivité du trait de Roland Topor. Dans cette continuité, Sarah-Linh Tran, co-directrice artistique de la Maison, et Jos Auzende, curatrice, déploient, dans la boutique parisienne située rue Elzévir, une exposition autour de ces motifs. Ainsi « Je dors beaucoup » est-elle conçue à la manière d’un assemblage vivant qui sonde la liberté du rêve et de la pensée : ici, les objets hybrides de Topor font se répondre l’animalité, le désir, tout autant que l’ironie et l’étrangeté. Somme toute, Lemaire invite à s’immiscer dans une sorte d’espace théâtral, dont la scénographie et les sculptures de l’artiste française Karine Marques Ferreira résonnent avec l’art de Topor, pour manifester un « potentiel fluide et changeant du corps, tandis que les frontières entre spectateur, image et objet restent mouvantes ». •
Lemaire × Roland Topor
Exposition « Je dors beaucoup »
Jusqu’au 12 novembre 2026 chez Lemaire
1, rue Elzévir — 75003 Paris
lemaire.fr

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.

Vue de l’exposition « Je dors beaucoup », Lemaire x Roland Topor, Paris, 2026. Photo : Adrià Cañameras. © Lemaire.


