Loukoums & Art Contemporain – Collection Jean-Michel Attal présente sa première exposition, invitant POUSH, réunissant treize artistes internationaux dont les pratiques interrogent les complexités de l’existence contemporaine. Proposée par Dayneris Brito, « Fatigue » explore les multiples formes et implications de l’épuisement, et examine comment les états de vulnérabilité, de limitation et de retrait peuvent devenir des espaces de recherche artistique. À travers la peinture, la sculpture, l’installation, la vidéo et la performance, les artistes participants offrent de nouvelles perspectives sur les rythmes, les pressions et les conditions qui façonnent notre présent.
Et si la fatigue était aujourd’hui l’un des derniers espaces d’expérience qui nous restent? L’exposition se déploie comme un parcours immersif à travers différentes formes d’épuisement. Un chemin spécialement conçu guide les visiteurs à travers une série de chapitres, allant de l’expérience physique et psychologique à des formes plus larges de lassitude sociale et politique. Au fil du parcours, la notion apparemment simple de « fatigue » révèle sa profonde complexité, devenant non seulement une condition personnelle, mais aussi une expérience partagée. Plutôt que de considérer l’épuisement comme un état à dépasser, « Fatigue » s’interroge sur ce qui pourrait émerger lorsque nous acceptons d’y demeurer.
Le premier chapitre réunit notamment des œuvres de Xolo Cuintle, qui explorent l’expérience de l’épuisement physique. Des matériaux lourds et bruts semblent se tendre sous leur propre poids, suggérant la possibilité d’un effondrement et évoquant un corps arrivé à ses limites. Dans les peintures de Tornike Robakidze, des figures immobiles se dissolvent dans le sol, suspendues dans des états de quiétude, comme si elles récupéraient l’énergie qu’elles portaient autrefois. Plutôt que de représenter directement la fatigue, ces œuvres invitent les visiteurs à en éprouver les dimensions physiques à travers des sensations de lenteur, de poids et d’immobilité.
Du physique, l’exposition se déplace progressivement vers l’épuisement psychologique. Les peintures de Julien Heintz et Taisiia Cherkasova créent une atmosphère oppressante à travers la couleur, les lignes floues et les formes ambiguës. Ici, la fatigue devient moins tangible et prend la forme du retrait, de la sur stimulation et de la confusion. L’atmosphère qui se dégage des œuvres évoque les états fragmentés de la conscience contemporaine, soulevant une question qui traverse l’ensemble de l’exposition: et si la fatigue était devenue l’une des conditions à travers lesquelles nous faisons l’expérience de la vie contemporaine?
D’autres œuvres prolongent cette réflexion dans les dimensions sociale et politique. Sofia Salazar Rosales, entre autres, présente des œuvres consacrées aux déplacements humains, au langage du soin, à la mémoire et aux récits de violence. Federico González (Suricata) prolonge cette thématique à travers une installation sonore qui évoque les processus bureaucratiques apparemment interminables liés à la migration. Dans ce contexte, la fatigue n’est plus une expérience individuelle, mais une expérience collective, façonnée par les systèmes et les structures dans lesquels nous vivons. « L’exposition ne cherche pas tant à représenter la fatigue qu’à l’utiliser comme une grille de lecture : un espace d’attention porté sur les conditions mêmes qui rendent l’œuvre possible, sur ses temporalités fragiles, ses zones de friction et de retrait. Elle s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur ce que signifie produire aujourd’hui, dans un contexte où les régimes d’accélération, de visibilité et de performance façonnent profondément les pratiques artistiques. » indique la commissaire Dayneris Brito.
« Fatigue » s’accompagne de deux performances de Cassandre Muñoz et Julie Coulon, qui prolongeront sa réflexion sur le corps et son rapport aux conditions contemporaines. Par le mouvement lent et la répétition, les performances font écho aux préoccupations de l’exposition, évoquant les cycles et les récurrences à travers lesquels la fatigue s’installe progressivement. •
Exposition « Fatigue »
avec Anna de Castro Barbosa, Taisiia Cherkasova, Sofia Salazar Rosales, Xolo Cuintle, Julia Gault, Isadora Soares Belletti, Marlon de Azambuja, Julien Heintz, Tornike Robakidze, Loïs Szymczak, Julie Coulon, Cassandre Muñoz, Federico González (Suricata)
Du 11 septembre au 10 octobre 2026
80 A, rue Bobillot — 75013 Paris
@lac_collection_attal

Tornike Robakidze, Goya’s Sleep, 2026, huile sur toile, 35 × 40 cm. Courtesy de l’artiste.

Anna de Castro Barbosa, Figure of Affection, 2026, chaussures, cuir, silicone, talc, 28 × 14 × 11 cm. Courtesy de l’artiste.

Julien Heintz, The daughter, 2023, huile sur toile, 72 × 115 cm. Collection privée. Courtesy de l’artiste.

Julia Gault, Vague de chaleur, 2023, terre de faïence crue, métal, dimensions variables. Courtesy de l’artiste.

Julia Gault, Vague de chaleur (détail), 2023, terre de faïence crue, métal, dimensions variables. Courtesy de l’artiste.

Taisiia Cherkasova, série “Postcards from the Bomb Shelter”, 2026, encre acrylique sur bois, 22 × 14,5 cm. Courtesy de l’artiste.

Isadora Soares Belletti, Closer to You, 2024, vidéo. Courtesy de l’artiste.

Marlon de Azambuja, Sans titre, 2025, lampe du 19e siècle effondrée sur une palette en bois, dimensions variables. Courtesy de l’artiste.


